L’Indonésie : Cap Humanitaire #1

L’Indonésie, une aventure humaine tout simplement extraordinaire et de beaux défis réalisés.

Deux semaines nous auront suffit à marquer notre cœur à vie. 15 jours intensifs, sans pause à travers l’île de Jakarta. Les prémices de notre défi humanitaire ce sont fait là bas.

Cette étape a été le GROS COUP DE CŒUR humain et culturel de l’équipe 4 ou pas cap de ces quatre premiers mois de voyage. Loin de l’Indonésie touristique, loin des belles plages, et loin des palmiers, nous avons vécu une aventure complètement hors du temps au plus proche de la culture locale, des habitants, des enfants, de la religion…

Nous avions une grande envie tous les 4 lors de ce voyage, celle de nous sentir utiles et de ne pas être uniquement de simples spectateurs des pays que nous allions traverser pendant un an. Nous avons réalisé certaines petites missions avant bien sûr en NZ et Australie mais celle réalisée à Jakarta a été bien différente.

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Clém a prit contact avec SOLIBAD, une association solidaire internationale dans le monde du badminton. Solibad cherche à développer le badminton dans des villes et villages les plus défavorisées de notre monde. L’objectif est de créer des clubs et de faire jouer « le monde » au badminton. Elle a de nombreux joueurs ambassadeurs et Clem a pu avoir ce rôle là. Permettant ainsi d’avoir des contacts, du matériel et le partage de notre projet.

Grâce à Solibad nous sommes entrés en contact avec Dominique (Dom). On pourrait écrire un roman sur ce personnage incroyable. Dom vit en Indonésie depuis 8 ans. Elle a créé l’association Bintang Kidul. C’une fondation indonésienne basée à Yogyakarta. Elle a été officiellement créée en 2016, bien qu’elle soit active et qu’elle se soit progressivement développée depuis 2010. Ses objectifs et aspirations sont de donner aux enfants et aux jeunes issus de milieux socio-économiques défavorisés les bons moyens, la bonne voie pour une vie meilleure, pour eux-mêmes, pour leurs familles et pour la communauté grâce à l’éducation dans son sens le plus large et le plus holistique. Les projets éducatifs au travers desquels l’association travaillent visent avant tout à élargir et approfondir la perspective de la vie de ses enfants. Concrètement, Dom et l’association créent des maisons de jeunes, des clubs de badminton, des librairies, des parrainages etc… dans des villages en besoin.

C’est donc Dom qui nous a accueillis. Du début à la fin, elle a été notre guide, notre chef, notre prof, notre amie et il faut le dire notre maman. Accompagnée de Black (son compagnon indonésien) ils nous ont fait faire un marathon indonésien au sein des leurs, villages, enfants, maisons.

Après 6h de vol et une escale à Singapour de 6h également ( pendant laquelle nous en avons profité pour faire une visite express de ce pays avec la sœur de Jenn qui habite là bas, merci Chacha c’était extra) nous voilà à Jakarta.

Bim Bam Boum choc culturel après l’Australie. La seule chose qui reste commune avec l’Australie c’est l’humidité car c’est également la saison des pluies ici. Tout le reste est différent. On change de monnaie (roupie indo), on change de coût de la vie, on change de langue, on change de religion (90% islam), on change de nourriture …

On retrouve direct Dom dans le quartier pauvre de Bekasi. Ce premier soir, on dort chez l’habitant, dans la famille de Jane (19 ans, boxeuse presque pro), ses parents nous accueillent dans leur toute petite maison. Après un bon repas avec toute la famille et les voisins du quartier, où nous goûtons notre premier Tempé, le premier d’une longue série (spécialité indonésienne à base de soja fermenté très souvent fris), nous dormons par terre à même le sol tous les 4 dans nos sacs de couchage dans LA pièce de la maison qui est à la fois une chambre, le salon et la salle à manger. Il y a également une mini salle de bain, où l’on découvre « la douche à la louche », une mini cuisine et une mini chambre.

Après une excellente nuit (très fatigués de notre trajet en avion), nous avons le droit à un bon petit dej et c’est parti pour la première énorme journée.

Nous visitons en premier une décharge. C’est ici, que Dom et son association sont venus chercher les premiers jeunes. Des familles habitent dans cette décharge. Dans des maisons faites de cartons, bois, matériaux de récupération… au milieu de la boue. Quand il y a de grosses pluies, tout est à refaire. Ils vivent du tri et de la vente des déchets. Ils gagnent juste de quoi « survivre », c’est à dire manger. C’est très sale, il y a des chats, des chiens, des poulets qui trainent … On se prend direct une belle claque. Ce n’est pas un bidonville, c’est pire que ça. On rencontre quelques habitants, dont une famille qui a réussi à s’acheter une petite camionnette récemment permettant ainsi de transporter plus de déchets et donc gagner plus d’argent. L’histoire de cette camionnette est belle car c’est grâce à Bintang Kidul et Solibad que le fils de la famille a été sorti de la déchetterie, mis à l’école, formé et il a pu trouver depuis quelques mois un poste chez décathlon de vendeur. Lui permettant ainsi de mettre quelques sous de côté et de faire cette belle surprise à sa famille.

Après cela nous découvrons le club de badminton monté par l’association où une trentaine de jeunes venant de la déchetterie et des alentours viennent jouer et s’entrainer. C’est avec tous ces jeunes que nous nous rendons chez Décathlon, ça a été la deuxième étape de la journée. Nous avons été en contact avec Jérémy, directeur de Décathlon en Indonésie, qui vient d’ouvrir un magasin sur Jakarta. Il nous a accueilli dans sa structure, où un espace sportif extérieur a été aménagé. L’idée était de faire découvrir où re-découvrir aux jeunes certain sports. Nous avons donc tous les 4, mis en place 3 ateliers (Jenn s’est occupée du tennis, Clem du bad et Ben et Chlo du foot). Puis nous avons terminé par un gros match de foot (10 jeunes contre nous 4 et Jérémy) et un bon gros repas offert par Décathlon pour tout le monde. Dom a offert aux jeunes 6€ chacun pour qu’ils se fassent un petit cadeau de Noël dans le magasin. C’est énorme pour eux. Nous de notre côté nous avons acheté plein de matos de foot, ping-pong, badminton, gourdes, corde à sauter, matériel de muscu pour la tournée des villages prévue.

Un grand merci à Jérémy de nous avoir permis de réaliser cette mission, les enfants, le personnel et nous-même retiendrons un excellent souvenir de cette journée.

Nous finissons notre journée, dans le club de badminton où Clem oragnise un grand jeu avec les jeunes, tout le monde échange deux trois volants et ça se termine sur une victoire du coach indonésien face à notre coach Clem sur un set de simple ambiancé.

QUELLE PREMIERE JOURNEE. A ce rythme là, nous n’allons jamais tenir deux semaines. Heureusement, on mange, on mange, on mange pour nous redonner de l’énergie toutes les deux heures à peine.

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Le lendemain matin départ 7h du mat’ pour 8h de train jusqu’à Yogyakarta. C’est là bas qu’il a le siège de l’association, et les villages « partenaires » autour.

Nous sommes accueillis comme des rois pendant quelques jours chez Dom. Une magnifique villa indonésienne. Nous restons sur Yogya trois jours pour rencontrer tous les membres de l’équipe, visiter un peu les alentours (vélo jusqu’à un temple, vtt sur un volcan, ballade), intervention et observation dans le club de badminton professionnel de l’asso. Nous allons également dans un premier village. Un village qui cherche à attirer les touristes pour essayer de s’enrichir un peu. Il est le long d’une rivière, ainsi ils ont mis en place des sortes de « croisières » sur des bateaux de fortune (tonneaux et moteur de tondeuse en gros), nous avons évidemment essayé cette attraction, on a bien rit. Nous avons tous été déguisés avec des tenues traditionnelles et là aussi on a encore bien rit comme des baleines. Nous étions clairement l’attraction du village et le village n’était plus l’attraction. Mon dieu quel fou rire.

Puis nous avons offert un ballon au jeunes du village avec lesquels nous avons réalisé le défi foot : nous 4 contre 20 (10 à la base). On se serait cru à un match national. Hymnes nationaux des deux côtés, célébrations de but, capitaines, arbitre, supporters. Les locaux l’emportent 7-6 après un magnifique but en or. Nous nous sommes éclatés et les jeunes n’en parlons pas.

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Une autre visite s’en est suivi, celle du village de Pur. Nous sommes partis 3 jours dans celui-ci. Une famille nous a accueillis dans une grande et ancienne maison javanaise. Il est difficile de communiquer mais le partage est fantastique, Chloé apprend la guitare avec Dui <3 , Jenn apprend la cuisine, Benja apprend à mettre un Sarong (tenue traditionnelle), Clem apprend à faire des créations avec des feuilles de bananiers. Nous partons une journée pour visiter les alentours, avec chacun un « scooter guide » (habitant du village).

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Nous visitons un marché local puis nous allons faire l’expédition du siècle, nous avons été cobayes (encore une fois) d’une future attraction touristique. La visite d’une cave souterraine avec de l’eau jusqu’aux hanches, avec 5 frontales pour 10 … de 1km. La prière à l’entrée ne nous a pas vraiment rassuré. Mais bon, on peut plus faire demi-tour. Des tonnes de chauve-souris et beaucoup d’eau. Nous sommes parfois obligés de nous mettre entièrement dans l’eau pour passer sous des stalagmites (personne sait nager a part nous). Jenn perd même sa botte. C’est un peu le grand n’importe quoi mais on rigole comme d’hab. On prie juste pour pas qu’il pleuve car un centimètre de plus et on est tous noyés … Nan on rigole, on exagère un peu là… mais bon ce n’était pas non plus l’attraction la plus « safe » du monde hein. On en est sorti sains et saufs, le Tampé nous a encore régalé à l’arrivée.

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Pendant une journée, nous avons échangé avec les jeunes du village. Au début, ils étaient tous timides et distants. Puis nous avons sortis le ballon de foot pour les garçons et les coloriages pour les filles. Ils nous ont fait découvrir les échasses. De plus en plus de jeunes ce sont alors approchés et à la fin nous étions presque 30. Nous avons donc organisé un grand « poule renard vipère ». Jeu de notre enfance. Les explications ont été folkloriques mais le résultat génial.

Dans ce petit village Pur (membre de l’asso) a mis en place un marché où les artisans du coin peuvent venir vendre leurs produits, surtout leur cuisine. Ce marché à sa propre « monnaie » (des morceaux de bois taillés avec des valeurs). Il y a un groupe de musique, le cours de gym le matin, de la dance, un défilé de mode des jeunes… L’ambiance y est excellente. Nous étions aussi les attractions du marché, en tenue traditionnelle. Beaucoup de monde est venu ce jour là. Nous en avons profité pour réaliser notre selfie REBLOCHON (100 personnes ont dû dire reblochon). Le marché a été une réussite. Puis nous sommes partis … un autre village nous attendait.

Le village de Asep, où une maison de jeunes vient d’être ouverte. Notre mission là-bas a été de ranger cette maison, car des cartons entiers de jouets, livres, matériels divers sont arrivés. Nous avons aménagé différents espaces (un espace lecture, un espace musique, un espace ping pong, un espace jeux …), nous avons appris des jeux aux « bénévoles » de l’association pour qu’ils les enseignent aux jeunes. Pendant une demi-journée nous avons également accueillis les jeunes qui étaient très timides, nous avons fait football, ping-pong, jeux etc..

Les mamans du village nous ont également défié au volley où nous avons gagné 😉

Nous avons également appris beaucoup sur la culture du riz, et des légumes.

Le dernier jour, nous sommes allés dans une école pour faire une heure d’anglais dans une classe. On a bien rit car notre anglais n’est pas non plus exceptionnel et de devoir l’enseigner a été une bonne partie de rigolade. Les élèves partent de zéro, ils n’y ont vu que du feu 😉

Nous avons été hébergé pendant 3 nuits dans une famille musulmane chez Hanni et Anz et leurs deux enfants. Le partage culturel a été très fort. Hanni, la mère, voilée de la tête au pied (visage dégagée) n’a jamais autant rit que lorsque nous étions là. Nous avons partagé des jeux de cartes, des repas, des mots. Elle nous a aussi beaucoup parlé sur son envie de ne pas forcément rester à la maison, de vouloir retourner au travail … elle nous a offert à chacun un Sarong. Et nous a même raccompagnée jusqu’à la gare avec son mari qui nous ramenait.

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Après chaque visite de village, il était très difficile pour nous de partir. Nous avons parfois versé notre petite larme, et nos rencontres aussi. Nous n’avions pas apporté grand chose en soi, à part un peu de matériel sportif. Mais on a bien senti que ce qui a marqué tous ces jeunes, ou moins jeunes lors de notre venue a été le renouveau, le changement … Le partage. Nous avons fait ce que nous savons faire, nous aimons les enfants, nous aimons le sport. Nous aimons rire, faire de gentilles bêtises, dire des blagues, être ridicules par moment. Nous avons dit oui à tout et à tout le monde. Ils n’ont pas rien, ils sont heureux, ils vivent juste simplement avec ce qu’ils ont. Certain rêveraient surement d’autres horizons, c’est sûr, de grandes études, de métiers, de sport …. Mais ça reste très cher et difficile d’accès. Nous avons juste été là pour ouvrir leur culture, qui est malheureusement très stricte à cause d’une religion omniprésente. Bintang Kidul est là pour ça, pour essayer de les guider vers d’autres horizons. On a fait tout ce que l’on a pu en si peu de temps. Il y a tant de choses à faire encore. Même si nous étions complétement épuisés à la fin de ce séjour, c’est avec un cœur lourd que nous partons.

On n’oubliera jamais ces 15 jours intenses et riche en rencontres. Merci Dom, Black, Ikbal, Danu, Tomi, Ekka, Jane, Pur, Asep …. Et tous les autres croisés en chemin…

Lien original:http://tiny.cc/8bf64y

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